Lundi 18/03 : Sur-interprétation et faux souvenirs

Les élèves devaient trouver les explications rationnelles pour des photos d' »aliens ».

On a tellement envie de voir un alien, parce que ça ferait une explication toute trouvée, mais le rasoir d’Ockham nous permet d’être plus prudents. En effet, le GEIPAN (Groupe d’études et d’informations sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés), organisme spécialisé dans la recherche d’extraterrestre n’en a jamais trouvé aucun ! Il est donc irresponsable de supposer que la moindre tache dans le ciel est un vaisseau alien et plus prudent de chercher une autre explication.

Les faux souvenirs

Exemples d’expériences.

  • On a montré un crash de voitures à des gens. Ensuite, on leur a demandé d’estimer la vitesse des voitures lorsqu’elles se sont heurtées, accrochées, tamponnées, écrasées… Plus le mot employé était « violent », plus la vitesse estimée était grande. Une semaine plus tard, on leur a demandé s’il y avait des bris de verre par terre après l’accident. Plus les gens avaient un mot violent, plus ils se rappelaient avoir vu du verre, alors qu’il n’y en avait pas sur la vidéo. Donc le fait de poser différemment des questions peut modifier le souvenir de gens !
  • Le fait de modifier le souvenir en fonction de comment la question est posée pose de vrais problèmes dans les affaires criminelles. D’ailleurs, on a plus tendance à identifier un suspect comme coupable si on l’a vu menotté auparavant.
  • On a raconté à des gens des histoires sur leurs enfances. L’une était vraie, et l’autre était inventée. Pour l’histoire inventée, on y a ajouté des détails réels (noms de personnes, de lieux, dates, etc). Ensuite, on a demandé aux personnes d’essayer de se rappeler le maximum de détails à propos de ces histoires. Les personnes revenaient une semaine plus tard et, pour 70% d’entre elles, arrivaient avec des détails, dont ils étaient sûrs de se rappeler (le policier avait une moustache, par exemple) alors que l’histoire n’a pas eu lieu !
  • A 1984 à LA quelqu’un a tiré dans une cour d’école faisant 2 morts et environ 15 blessés. Dès le lendemain, les enfants de l’école se sont souvenus avec vu le gars dans la cour, alors qu’il n’y a pas mis les pieds ! Pire : même des élèves qui étaient absents ce jour-là ont dit, quelques semaines plus tard, se souvenir de la fusillade.
  • Aux USA, parmi les gens qui ont été condamnés puis ensuite innocentés par des test ADN, 1/3 avaient avoué leurs crimes (certes il faut compter aussi les cas où les aveux ont été extorqués et ceux où le condamné a été obligé d’avouer pour avoir une réduction de peine).

Création de souvenirs

Expérience : On a mis une souris de laboratoire dans une boîte bleue, et on a balancé un petit champ électrique. La souris a donc au mauvais souvenir de la boîte bleue.

Le lendemain, quand on remet la souris dans la même boîte, elle se fige de peur et on voit ses neurones très actifs dans la zone de l’hippocampe (zone gérant la mémoire et les émotions). Le souvenir de la boîte vient de ressurgir.

Ensuite, si on met une souris dans une autre boîte et qu’on réactive le souvenir de la boîte bleue (précisions dans la vidéo), elle se fige également.

Expérience : On met une souris dans une boîte bleue. Le lendemain, on la met dans une boîte rouge, on active le souvenir de la boîte bleue et on balance un champ électrique. Si ensuite on la remet dans la boîte bleue, elle se fige. Elle se rappelle avoir été choquée dans la boite bleue alors que ça n’a jamais eu lieu.

VIDEOS :

Defakator, extra-terrestres    https://www.youtube.com/watch?v=XYKs5HxhHRQ&t=1392s

e-penser, les faux souvenirs   https://www.youtube.com/watch?v=6G5SiVJnJM4

Lundi 11/03 : Nocebo (fin) / Principes scientifiques / Surinterprétation

Exemple avec les ondes électromagnétiques

Note : Pour expliquer rapidement : les ondes électromagnétiques ont des longueurs d’onde qui peuvent aller de 0,000000000001 m au km. Plus la longueur d’onde est petite, plus l’onde est énergétique et peut potentiellement causer des cancers en sortant des électrons de leurs orbites. Les premières ondes dangereuses sont les UV, puis les rayons X et les rayons gamma. La lumière visible est composée d’ondes électromagnétiques et les couleurs que nous voyons correspondent à des longueurs d’onde différentes. Puis les IR sont moins énergétiques, puis les micro-ondes et les ondes radio. Donc, la lumière visible fait plus de « mal » que les ondes de téléphones, du wifi ou de la radio !

La sensibilité électromagnétique serait une maladie dans laquelle une personne déclare souffrir de symptômes qui selon elle sont causés et aggravés par des champs ou des ondes électromagnétiques.

Les électrosensibles se plaignent de maux de tête, de fatigue, de troubles de la vision et de douleurs cardiaques et accusent les ondes des fours à micro-ondes, antennes relais, WIFI, téléphones portables. Des associations de se sont même créées.

Selon l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), aucune des études menées jusqu’à présent ne permet de relier les symptômes décris par les « malades » à l’exposition aux champs magnétiques.

En 2009 plusieurs habitants d’un quartier ont porté plainte contre Orange pour demander le démontage d’antennes relais, responsables selon eux de troubles du sommeil et de saignements de nez. Sauf que les antennes en question n’avaient toujours pas été activées au moment de la plainte.

Le nouveau compteur électrique Linky est également pointé de doigt. En cause, les ondes électromagnétiques dégagées par Linky qui seraient dangereuses pour la santé, un risque scandé aujourd’hui par de nombreuses associations. Or, le compteur respecte toutes les normes en vigueur et Linky n’émet pas plus d’ondes qu’une télévision en veille ou qu’un grille-pain.

Il y a une ville où le wifi est interdit (pour ne pas perturber les télescopes) et 40 personnes (en 2015) s’y sont rendues pour ne pas être entourées d’ondes.

Le pouvoir du cerveau sur nos sensations. Exemples avec l’alcool.

Dans une autre expérience, on a divisé des gens en quatre groupes à qui on a proposé des boissons.

Groupe 1 : On leur a dit que les boissons étaient alcoolisées et elles l’étaient.

Groupe 2 : On leur a dit que les boissons étaient alcoolisées mais elles ne l’étaient pas.

Groupe 3 : On leur a dit que les boissons n’étaient pas alcoolisées mais elles l’étaient.

Groupe 4 : On leur a dit que les boissons n’étaient pas alcoolisées et elles ne l’étaient pas.

Les gens devaient ensuite écrire un petit discours et passer de lire devant un public.

Voici les notes moyennes qu’ils se sont attribuées. Est-ce que le fait d’avoir bu de l’alcool nous rend meilleur orateur ? Non car ils ont aussi demandé au public de noter les prestations et il n’y a pas eu de différence entre les notes.

L’histoire du chien de Pavlov

Dans les années 1890, Pavlov a fait une expérience. Pendant plusieurs repas, il faisait sonner une clochette avant de nourrir son chien. Après plusieurs semaines, le chien se mettait à saliver rien qu’au son de la clochette. L’anticipation de la viande était suffisante pour activer cette réaction. Le chien était conditionné. L’effet placebo est similaire.

Attention à ce que le cerveau peut nous faire sentir, voir, entendre, etc.

Principes scientifiques

En absence de preuves ou de résultats significatifs, on privilégiera l’hypothèse la plus probable, qu’on appelle « hypothèse nulle ». Ici, ce serait que la personne n’a pas de don. C’est le rasoir d’Ockham : Quand on ne sait pas, toujours retenir l’hypothèse la plus plausible, la moins farfelue.

On appelle ça le principe de parcimonie : expliquer un phénomène avec le minimum de causes.

Exemple : Si un élève n’est pas là demain, je vais plutôt penser soit que le bus a du retard (si on est la première heure de cours et qu’il y a d’autres absents), soit qu’il est simplement malade. Je ne vais pas imaginer qu’il a déménagé au Chili, ou qu’il s’est fait enlever par les aliens.

Etudier qu’une chose à la fois. Plus on étudie de phénomènes en parallèle, plus on a de chances de trouver un résultat au-delà du seuil pour l’un d’entre eux.

Exemple : On teste la voyante sur plusieurs critères : savoir s’il y a de l’eau dans un verre, trouver la couleur d’une carte tirée, prédire le résultat d’un lancer de dé (pair ou impair), de pièce, savoir si un tableau est de
face ou de dos, savoir si une lampe est éteinte ou allumée…

Plus on teste de critères, plus on a de chances que l’un d’entre eux soit au-dessus du seuil et que la voyante se dise « mon don, c’est les cartes ! » alors que c’est normal de trouver un résultat significatif pour un des critères.

Pour être valable, une expérience scientifique, doit être précisément décrite pour qu’elle puisse être reproduite. Une expérience qui ne peut pas être reproduite n’est pas scientifique et il est donc difficile de lui accorder du crédit. Quelqu’un qui assure ressentir de l’énergie dans les crop circles, c’est une expérience personnelle qu’on ne peut pas reproduire, donc on peut l’ignorer. Un témoignage n’est pas une preuve.

Une hypothèse qui ne peut pas être testée n’est pas valable. Exemple : l’hypothèse du dernierjeudisme. Ça ne veut pas dire qu’elle est forcément fausse. Mais, comme on ne peut pas la tester, il n’y a pas de raison de la considérer sérieusement.

Ce qui est annoncé sans preuve, peut être rejeté directement. Exemple : Chez moi j’ai un chien qui parle.
Des résultats extraordinaires nécessitent des preuves plus qu’ordinaires (il faudra un seuil plus élevé).

Quelques mots à propos de la surinterprétation

Pourquoi notre cerveau a tendance à surinterpréter les phénomènes naturels, à voir des choses là où il n’y a rien ou là où c’est normal d’en avoir, juste par hasard ?

On peut supposer que c’est un avantage évolutif : il vaut mieux voir un danger là où il n’y a rien et fuir pour rien que ne pas voir un danger, ne pas fuir et se faire tuer. Donc on peut imaginer que ceux qui repéraient plus les phénomènes naturels (présents ou non) ont survécu et ont donc passé ce trait de caractère à leur descendance.

Maintenant, il faut faire attention car ça nous fait tomber dans des pièges : nous fait croire en de fausses hypothèses (aliens, visages de Mars, …). On a tendance à s’emballer alors que souvent l’explication est toute bête.

Pour le visage de Mars, on voit un visage car notre cerveau est extrêmement efficace pour reconnaître un visage. Notre espèce est très sociale et reconnaître et savoir lire un visage est à la base de nos interactions. C’est d’ailleurs sûrement pour ça qu’on a inventé les smileys : car ça nous manquait de ne pas voir l’expression de la personne à qui on parle. Du coup, notre cerveau reconnaît des visages même quand il n’y en a pas. Ce phénomène est un cas de paréidolie. + Exemples de paréidolie sur Ecosia Images.

Téléphones et cancer ?          https://www.youtube.com/watch?v=ju2kcMzALkc

Impact des ondes sur le corps ? https://www.youtube.com/watch?v=MIq16OeLL_E

Ville sans wifi              https://www.theguardian.com/technology/2015/jun/21/the-town-that-banned-wi-fi

Orange et Linky          http://www.lasantepublique.fr/effet-nocebo-quand-le-mental-rend-malade/

Scienceétonnante (alcool)     https://www.youtube.com/watch?v=YhEFWFs6BJs&t=582s

Pavolv             https://fr.wikipedia.org/wiki/Ivan_Pavlov

Lundi 04/03 : Homéopathie (suite et fin), effets placebo et nocebo

Compléments sur l’effet placebo

L’effet placebo est réel et extrêmement puissant. On l’a même remarqué chez des animaux, qui se sentaient mieux si leur maître croyait au médicament.

Exemple : Des patients qui avaient besoin d’une opération au genou ont été partagés en trois groupes. Ceux du premier groupe ont subi la vraie opération, ceux du deuxième ont subi une opération qui consistait à enlever seulement ce qui causait la douleur et le troisième a subi une opération qui ne consistait à rien faire du tout. Tout le monde a ensuite subi une rééducation et les taux de guérison sont comparables !

Exemple : Pendant la guerre un médecin injectait de la morphine aux soldats pour calmer leur douleur. Mais les blessés continuaient à arriver et la morphine diminuait. Le docteur a alors injecté une solution neutre et 40% des blessés qui ont reçu la solution sans morphine ont affirmé que leur douleur aussi avait diminué.

Exemple : Dans une expérience, on a fait subir une série d’électrochocs à des cobayes en leur donnant des pilules censées calmer la douleur. Dans un groupe, la pilule coûtait 1,70 € et 85 % des personnes ressentaient moins de douleurs. Dans l’autre groupe, la même pilule coûtait 0,07 € et 60 % des personnes ressentaient moins de douleurs.

Aucun profil type pour lequel l’effet placebo fonctionnerait mieux ou moins bien n’a été mis en évidence. Peu importent votre âge, votre sexe, votre niveau d’études, votre situation familiale, votre environnement… On est tous égaux face à l’effet placebo. L’effet placebo est efficace contre la douleur sous toutes ses formes, la toux, la dépression, la maladie de Parkinson, l’hypertension. On peut même faire des crises de dépendance au placebo.

Question : Est-ce que l’effet placebo fonctionne quand on sait que c’est un placebo ? Réponse : Oui (si le fonctionnement de l’effet a été expliqué au patient).

Ils ont fait des tests en double aveugle, avec des gens qui ne savaient pas qu’on leur donnait du placebo et des gens qui savaient. Et les taux de guérison sont comparables et sont nettement supérieurs à ceux de personnes qui n’auraient rien fait.

L’effet placebo est très étudié mais très incompris : comment fait le corps pour sécréter telle ou telle hormone ? Pourquoi chez certains patients l’effet s’arrête subitement (et ce n’est pas parce qu’ils savent ou pas que c’est un placebo) ?

Conclusion sur l’homéopathie : Avant de parler de la mémoire de l’eau (ce qui n’a aucun sens car sinon l’eau des toilettes serait imbuvable, même après traitement) ou d’essayer de trouver d’autres façons d’expliquer les effets de l’homéopathie, il faut d’abord vérifier si l’homéopathie a des effets. D’après sa composition et les expériences, il n’est pas raisonnable de penser que l’homéopathie a des effets autres que l’effet placebo. Donc inutile d’essayer d’expliquer pourquoi il y a des effets quand on n’en a jamais remarqué.

Un effet similaire au Placebo : L’effet nocebo (en latin : je te nuirai).

Exemple : Dans certains cas, l’effet nocebo peut conduire à la mort. Un Américain a été diagnostiqué avec un cancer du foie en phase terminale. Les docteurs lui ont dit qu’il ne lui restait plus que quelques mois à vivre.

Il est mort quelques semaines plus tard. Quand son corps a été examiné, grande surprise : la tumeur, d’un diamètre de 3 cm, était restée assez petite, ne s’était infiltrée dans aucun autre organe et n’avait pas formé de métastases, comme l’autopsie l’a montré. L’homme n’est pas mort d’un cancer mais parce qu’il croyait qu’il était en train de mourir d’un cancer.

Exemple : 50 mg d’aténolol bêta-bloquant ont été administrés à des patients atteints de coronaropathie et seule une fraction des participants était au courant du fait que l’un des effets indésirables pouvait être une dysfonction sexuelle. Dans le groupe qui ne connaissait rien des effets secondaires, seuls 3% des patients avaient des difficultés au lit. En revanche, le groupe qui connaissait tous les effets secondaires, y compris les troubles sexuels possibles, a montré une perte de libido de 31%.

Exemple : 23 étudiants sur 34 ont développé un mal de tête quand on leur a dit qu’un courant électrique (qui n’a jamais existé) passant dans leur tête pouvait en provoquer.

Exemple : Aussi longtemps que les habitants de Hong Kong n’étaient pas au courant de l’existence de l’anorexie en Occident, ce trouble ne se manifestait pas parmi eux, mais une fois que la notion a atteint la presse et la conscience du public dans les années 1990, le phénomène a explosé.

Exemple : Dans une étude, des cobayes asthmatiques ont respiré des vapeurs qu’ils croyaient irritantes et ont développé des problèmes respiratoires dont certains de graves crises. Ensuite, ils ont respiré des vapeurs qu’ils croyaient apaisantes et ont de nouveau respiré normalement rapidement. Les deux vapeurs étaient en fait neutres.

Exemple : Dans une étude au Japon, on a sélectionné 13 personnes qui disaient avoir une forte réaction au sumac vénéneux. On leur a ensuite bandé les yeux et on leur a frotté cette plante contre un bras en leur disant que c’était une plante inoffensive, puis on a frotté l’autre bras avec une plante inoffensive en leur disant que c’était du sumac vénéneux. Après plusieurs minutes, le bras qui avait été en contact avec la plante inoffensive a montré une réaction alors que dans 11 cas, le bras en contact avec le sumac vénéneux n’en a pas montré.

SOURCES :

Placebo prix pilule      https://www.courrierinternational.com/article/2009/07/16/attention-se-croire-malade-peut-rendre-malade

Pourquoi pas ? (placebo, nocebo)     https://www.youtube.com/watch?v=eVNv_UiySOc&t=15s

Operation genou        https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa013259

Slate (tumeur)            http://www.slate.fr/lien/67637/effet-nocebo-effets-secondaires

Spiegel (libido)            http://www.spiegel.de/gesundheit/psychologie/nocebo-falsche-arzt-sprueche-koennen-krank-machen-a-847838.html

Nocebo plusieurs études        http://skepdic.com/nocebo.html

France culture (placebo)        https://www.youtube.com/watch?v=HgjKnDdKEOQ&list=WL&index=4&t=0s

Nocebo (notes)           https://www.nytimes.com/1998/10/13/science/placebos-prove-so-powerful-even-experts-are-surprised-new-studies-explore-brain.html?pagewanted=all

Lundi 04/02 : Homéopathie et effet Placebo

Il faut être au courant de la puissance de l’effet placebo (en latin = je te plairai). L’effet placebo c’est quand on ressent vraiment les effets d’un médicament (ou d’autre chose), juste parce qu’on est convaincu qu’il y a des effets. On peut avoir l’impression qu’il fait plus chaud, ou qu’on a moins mal à la tête, ou qu’on ne va pas tomber malade cet hiver, etc.

Exemple : Lors d’une expérience, on a fait goûter à des gens différentes bouteilles de vin étiquetées avec des prix différent. A l’intérieur, le vin était toujours le même (mais ça, ils ne le savaient pas). On leur a demandé de dire quel vin ils préféraient. Les gens ont dit qu’ils préféraient le vin le plus cher. Du coup, on a mesuré l’activité cérébrale dans la zone du plaisir et on a constaté plus d’activité lorsque le vin était étiqueté plus cher. Donc, les gens ont réellement préféré le vin plus qu’ils croyaient plus cher, alors qu’ils ont bu plusieurs fois le même vin !

Dans une autre expérience, on a dit à des sujets qu’on voulait étudier les effets de l’alcool sur le comportement. On a réuni des gens qui ne se connaissaient pas dans un bar et on leur a proposé des bières. Seulement, les bières étaient sans alcool alors que les gens pensaient boire des bières alcoolisées. Sept personnes ont participé à l’expérience mais il y avait deux complices, qui étaient là pour influencer les autres. Au début, l’ambiance était un peu tendue, puis, au fur et à mesure des bières, les gens parlaient de plus en plus et de plus en plus fort, commençaient à rigoler pour rien, etc. Là, les expérimentateurs ont commencé leurs tests : marcher sur une ligne droite, lire un texte un peu compliqué, mémoriser des listes de mots, etc. Les gens ont eu des résultats très faibles, comme s’ils étaient complètement ivres. Pourtant, l’alcootest indiquait zéro ! Aucun milligramme d’alcool dans le sang. C’est le cerveau qui a tout imaginé. Les gens, s’attendant à boire de l’alcool et anticipant ses effets, ont agi comme ils auraient agi ivres. Ils se sentaient même incapables de rentrer chez eux en voiture, alors qu’ils étaient complètement sobres.

Qu’est-ce que l’homéopathie ? On peut résumer l’homéopathie « soigner le mal par le mal » (homéo = similaire, et pathie étant le suffixe utilisé pour les méthodes visant à traiter des maladies). Mais on devrait plutôt résumer l’homéopathie par « soigner le mal par rien du tout ».

L’inventeur de l’homéopathie est Samuel Hahnemann (en 1796). Il était convaincu qu’on pouvait soigner le mal par le mal. Dans les cachets d’homéopathie, il y a, à la base, une substance censée faire l’effet inverse de l’effet désiré. Exemple : Pour dormir, on met des excitants. Pour calmer la fièvre, on met quelque chose qui la provoque. Pour calmer une piqûre de venin, on met du venin. Etc.

Le problème, c’est qu’au début de ses recherches, il s’est rendu compte qu’il ne soignait pas ses patients, mais que leur état empirait. Ça faisait le mal + le mal. Il s’est dit que le problème ne venait pas de l’idée de base mais plutôt du dosage. Et il s’est rendu compte que plus la substance active était diluée, moins les effets néfastes étaient constatés (évidemment). Il a donc inventé la dynamisation : il secouait la solution énergétiquement avant chaque dilution et c’est à partir de ce moment-là qu’il a fait de nets progrès en termes de guérison des patients.

Dans les médicaments homéopathiques, la substance de départ est diluée par exemples à 5CH, 9CH, 15CH, 30CH. Cela signifie qu’on a mis une goutte de substance dans 99 gouttes d’eau, puis on a pris une goutte de ce mélange qu’on a mis dans 99 gouttes d’eau, puis etc avec à chaque fois une goutte du nouveau mélange dans 99 gouttes d’eau. On a répété ce procédé 5, 9, 15 ou 30 fois.

Si on considère qu’il y a 20 000 gouttes d’eau par litre, une dilution à 5 CH correspond à 1 gouttes pour 500 m3 ; une dilution à 9 CH correspond à une goutte dans la moitié du lac Nicaragua, une dilution à 15 CH correspond à une goutte dans 3600 fois toute l’eau du monde et une dilution à 30 CH correspond à une goutte dans 1000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000 gouttes ou encore une goutte dans 5000000000000000000000000000000000000000000 km3 d’eau

Donc, pour qu’il y ait un seul atome de principe actif dans un cachet d’homéopathie dilué à 30CH, il faudrait 1000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000 atomes dans le cachet. Donc un cachet en forme de boule devrait avoir un diamètre égal à la distance entre la Terre et le Soleil : 150 000 000 km.

Et l’oscillococcinum est dilué à la 200e K (à peine plus concentré qu’à 200 CH).

Donc, l’homéopathie, ce sont des cachets vides, sans aucun principe actif à l’intérieur.

Alors pourquoi l’homéopathie fonctionne ? Les homéopathes expliquent que c’est grâce à la mémoire de l’eau : c’est l’idée que l’eau est capable de retenir l’empreinte d’une substance et de restituer cette empreinte alors que la substance ne s’y trouve plus. Ça marche en diluant ou en dynamisant. Le problème, c’est qu’aucune expérience sérieuse n’a réussi à obtenir les mêmes résultats.

Est-ce que l’homéopathie fonctionne ?

OUI. Car des gens en prennent et guérissent, se sentent mieux, etc.

Pourquoi ça fonctionne ? L’homéopathie est née au XVIIIe siècle. A l’époque, la médecine constituait à faire des saignées, trouer le crâne, etc. Donc ça empirait souvent plus que ça n’améliorait. Pour guérir, il vaut mieux ne rien faire que de faire du mal. De plus, les homéopathes prennent du temps avec les patients, les font se sentir en confiance, installent un climat agréable, et disaient (au début) au patient d’adopter un régime sain, de ne pas rester enfermés à l’intérieur, etc. C’est forcément mieux que des saignées. L’effet placebo fait le reste. De plus, le corps est capable de guérir tout seul de beaucoup de maladies. Donc, prendre un cachet qui ne fait rien nous fait voir des effets, juste parce que le corps travaille à combattre la maladie.

Comment sait-on tout ça ?

On a réalisé plusieurs expériences pour tester scientifiquement l’homéopathie. Comment faire pour ne pas tomber dans les biais cognitifs ? Comment tester l’efficacité d’un médicament ?

A chaque fois, on prend un ensemble de malades qu’on divise en deux groupes de façon aléatoire. On dit aux deux groupes qu’ils vont recevoir le même médicament. Un groupe le reçoit effectivement, l’autre groupe reçoit une pilule sans rien à l’intérieur. On compare ensuite les améliorations dans les deux groupes. S’il y a statistiquement plus de personnes guéries dans le 2e groupe, le médicament est efficace au-delà de l’effet placebo. Pour les médicaments homéopathiques, après 225 études de ce type, aucune différence n’a été aperçue entre les deux groupes.

Conclusion : Prendre de l’homéopathie (et y croire) peut être préférable pour des cas bénins, surtout si les seuls médicaments réellement efficaces s’accompagnent d’effets secondaires. Mais c’est dangereux contre de vraies maladies. Et surtout : les homéopathes se font beaucoup d’argent grâce à l’effet placebo.

On a même remarqué qu’un placebo était plus efficace si on expliquait au malade que ce dont il souffre est bénin, si on l’écoutait attentivement décrire ses symptômes, si on lui faisait payer un prix élevé, si on lui administrait un produit quelconque, si la blouse du médecin qui le prescrivait était bien blanche, si le niveau de luxe dans lequel la consultation a lieu est important, ou si on a eu du mal à obtenir un RDV, ou en fonction de la couleur et du goût du médicament.

SOURCES :
La statistique expliquée à mon chat
Kurzgesagt
Sam – Point d’interrogation
Le top 5
Climen

Lundi 4/02. SCIENCES (+zététique)

Avantages

Les avantages de cette méthode sont qu’on évite tout biais cognitif. Réfléchir à un seuil honnête à l’avance, bien s’assurer que le « don » marche avant de commencer, faire l’expérience en double aveugle et comparer les résultats obtenus. Ne pas surinterpréter, ne pas changer les règles en cours d’expérience, ne pas interagir avec la voyante pendant l’expérience. En procédant comme ceci, on évite les biais cognitifs et les raisonnements fallacieux. C’est la méthode la plus sûre qu’on ait pour comprendre les phénomènes.

La fondation James Randi offre 1 million de dollars à qui prouvera scientifiquement avoir des dons surnaturels. Le prix n’a toujours pas été récolté…

Inconvénient « faux positif »

Il est possible que la voyante n’ait aucun don, mais qu’elle arrive à un résultat significatif par hasard. Exemple : Si on prend un seuil de 5% (ce qui est le cas pour énormément d’études) cela signifie qu’on considérera le résultat comme significatif si la voyante arrive à un taux de réussite au-delà de ce qu’on peut attendre dans 95% des cas si on décide si le verre est vide ou plein au hasard. En gros, cela signifie qu’on a une chance sur 20 de faire un score au moins aussi bon par hasard. Dans ce cas, on dit qu’on a un faux positif. C’est-à-dire qu’on considère qu’elle a un don alors qu’elle n’en a pas. Statistiquement, si on interroge 20 voyantes, on devrait arriver à une voyante sur les 20 avec un résultat significatif avec un seuil à 5% même si aucune n’a de don !

Attention, si on regarde une seule étude, cela ne prouve pas grand-chose, même si le seuil a été bien choisi. Il faut toujours remettre une étude dans son contexte et la comparer à d’autres, en gardant en tête que, même si le phénomène étudié n’existe pas, c’est normal qu’un faible pourcentage soit significatif.

Il arrive donc que certaines personnes croient avoir des pouvoirs, parce qu’ils ont été prouvés scientifiquement, alors qu’ils font juste partie des chanceux. Il ne faut pas confondre « les chances de gagner » avec « les chances d’avoir un gagnant ». Exemple, par hasard, c’est rare d’avoir un résultat au-delà d’un seuil à 1%. Donc, si on vous teste et que vous obtenez de tels résultats, vous n’aviez que 1% de chances de les obtenir par hasard. Mais si on a testé 10 000 personnes, statistiquement, on peut s’attendre à ce que 100 aient des résultats significatifs avec un seuil de 1% (car 1% de 10 000 = 100). Donc, peu importe les personnes qui obtiendront ces résultats, ils se sentiront chanceux, ou doués… Autre exemple avec le loto. Image 8f. Les chances de gagner sont très faibles, mais les chances d’avoir un gagnant sont très élevées. Peu importe le gagnant, il se considèrera très chanceux. Donc, l’évènement « avoir un gagnant au loto qui se considère très chanceux » a énormément de chances de se produire.

Pour diminuer le nombre de faux positifs, on peut exiger un seuil à 0,1% ou 0,000001%. D’ailleurs, plus les expériences sont faites dans des sciences dures, plus le seuil est élevé (en physique par exemple, le seuil est très souvent sous 0,1%). Plus on fixe le seuil élevé, moins on tombe sur des faux positifs. Mais plus on rencontre un autre problème.

Inconvénient « faux négatif »

Il est également possible que la voyante ait un don (ou en tout cas que le phénomène étudié existe réellement) et qu’on tombe sous le seuil et qu’on considère donc les résultats comme non significatifs.

+ géogébra deux courbes

Exemple : Si, en fait, la voyante a 65% de chances de trouver s’il y a de l’eau dans un verre, c’est un vrai don ! Mais, on peut imaginer que, lors de l’expérience, sur 100 verres, elle n’ait que 55 bonnes réponses. Pas de chance. Ça arrive. Dans ce cas-là, on va conclure à des résultats non significatifs alors qu’ils auraient dû l’être.

Il faut donc bien réfléchir au seuil à l’avance et surtout faire assez de tests lors de l’expérience pour éviter au maximum ces deux erreurs. Plus on fait de tests, plus on évite ces erreurs, mais plus l’expérience prend du temps et demande de l’argent… Et, même avec un nombre immense de tests, on aurait toujours un faible pourcentage de faire ces erreurs.

+ géogébra en faisant varier n, puis p

Autre exemple de ces inconvénients

Si on se trompe quand on essaie de savoir si quelqu’un a un don ou non, ce n’est pas très grave, mais on peut aussi se tromper lors d’un dépistage par exemple. Quelle erreur est la moins grave ? Dire à un patient sain qu’il est malade, ou dire à un patient malade qu’il ne l’est pas ?

Imaginez : Vous faites faire un dépistage pour une malade mortelle qui touche une personne sur 10 000. Le test que vous passez se trompe dans seulement 1% des cas. Après le test, on vous annonce que vous êtes malade. Quelle est la probabilité que vous le soyez vraiment ? Si on fait passer 10 000 personnes, une seule en moyenne sera vraiment malade. Pourtant, comme 1% de 10 000 = 100, le test dira à 100 personnes qu’elles sont malades. Donc vous faites partie des 100 personnes dites malades mais en réalité, une seule l’est. Donc, même avec un test très fiable qui vous dit que vous êtes malade, vous avez 99% de chances de ne pas l’être. Ça vient du fait que la maladie est très rare (un cas sur 10 000).

Lundi 28/01. SCIENCES (+zététique)

            Introduction

Qu’est-ce que la science ?

C’est à la fois une méthode qui nous permet de comprendre le monde autour de nous et un ensemble de connaissances acquises par cette méthode.

Pourquoi est-ce la meilleure méthode qu’on ait pour comprendre le monde ?

Les scientifiques sont au courant des biais cognitifs et élaborent des expériences dans lesquelles ils font très attention. De plus, toutes les expériences sont précisément décrites : après une expérience, les scientifiques rédigent un article expliquant en détails la mise en place de l’expérience, le procédé, leurs analyses, etc. Comme ça, la conclusion est justifiée et n’importe qui peut reproduire l’expérience. Cependant, les expériences sont loin d’être parfaites et nous allons tenter de comprendre pourquoi sur un exemple.

            Un exemple d’expérience scientifique

Prenons pour exemple un phénomène paranormal : imaginons une voyante qui nous dit être capable de savoir s’il y a de l’eau dans un verre sans le voir, le toucher, mettre son doigt dedans, etc.

Etape 1 : Définir ce que l’on veut tester.

Ici, on veut mettre en place un protocole expérimental visant à savoir si la voyante peut effectivement déterminer s’il y a de l’eau dans un verre ou non.

Etape 2 : Fixer un seuil !

Si on donne un verre à la voyante et qu’elle a juste, est-ce que c’est un résultat significatif ? (Il y avait une chance sur 2 d’avoir juste…) Si on donne deux verres et qu’elle a juste ? Trois verres ? Quatre verres ? etc. Est-ce qu’on réfute l’hypothèse à la première erreur ? Si, sur 30 verres, elle a 29 réponses justes, est-ce que ça prouve quelque chose ? Il faut fixer les paramètres de l’expérience et le seuil à partir duquel on considèrera que le résultat est significatif A L’AVANCE ! Il ne faut pas commencer à tester sur quelques verres et voir ce qui se passe.

+ animation de la loi binomiale sur Geogebra

Etape 3 : Expliquer à la voyante le processus de l’expérience.

Lui demander si tout est OK. Il est d’ailleurs important de vérifier si son don marche avec les caches qu’on a prévus. Exemple : si on met un verre rempli d’eau et un vide dans une boîte en carton, la voyante doit s’assurer que son pouvoir marche malgré le carton. Sinon, si l’expérience ne révèle rien, elle pourra utiliser le carton comme excuse. Que ce soit un pendule qui tourne, une baguette de sourcier, par télépathie, peu importe ! On s’assure juste que ça marche avec le cache. Note : Ici on ne s’intéresse pas au moyen par lequel la voyante va essayer de trouver s’il y a de l’eau ou non dans le verre. Avant de comprendre comment ça marche, on va d’abord vérifier si ça marche !

Etape 4 : On passe à l’expérience, en double aveugle !

Pourquoi en double aveugle ? Qu’est-ce que ça veut dire ?

            – la voyante ne doit pas voir les verres (évidemment, sinon c’est trop facile)

            – l’expérimentateur non plus ne doit pas savoir si les verres sont vides ou pleins : en effet le langage corporel de l’expérimentateur peut donner des informations à la voyante. L’expérimentateur peut changer
de comportement si la voyante étudie le seul verre plein sur cinq par exemple.

On a besoin d’une troisième personne qui remplit certains verres et en laisse d’autres vides, grâce à un processus aléatoire. Cette personne ne doit croiser ni la voyante ni l’expérimentateur et doit tirer au sort les verres pleins et vides (lancer d’une pièce par exemple) .

Pendant l’expérience, la voyante est dans les mêmes conditions que lors du test (qui avait marché, sinon on aurait trouvé une autre solution) et n’a donc plus d’excuses. L’expérimentateur note les résultats de la voyante (plein, vide, vide, plein, etc)

Etape 5 : On compare les résultats de la voyante avec les données de la personne qui préparé le test.

On regarde le pourcentage de réussite de la voyante.

– S’il est en-dessous du seuil significatif fixé au début, on arrête : les résultats obtenus auraient très bien pu arriver par hasard, donc il n’y a aucune raison de croire que la voyante ait un quelconque don.

– S’il est au-dessus du seuil significatif, on dit que le résultat est significatif. C’est-à-dire qu’il y avait peu de chances pour que la voyante trouve ce résultat par hasard, donc on considère que ce n’est pas du hasard (mais ç’en est peut-être). On essaie alors de trouver une explication. Est-ce un don ? Y a-t-il un complice ? Est-ce les extra-terrestres ? Est-ce les bioenergiesdushakramachinchose ?

+ géogébra binomiale

Lundi 21/01. Mathématiques : La démonstration qui a engendré des suicides en masse.

Séance encore improvisée car il n’y avait que peu d’élèves.

Contexte tiré de cette vidéo.

Démonstration détaillée + explication de ce qu’est une démonstration par l’absurde.

Fin sur les ensembles de nombres (naturels, relatifs, rationnels, réels).

En plus : Si on prend un nombre au hasard (VRAIMENT au hasard) entre 0 et 1, la probabilité de tomber sur un nombre qui n’est pas rationnel est de 100 %, même s’il y a une infinité de nombres rationnels entre 0 et 1 !

Lundi 14/01. Mathématiques : Le théorème des valeurs intermédiaires.

Séance improvisée car il n’y avait que peu d’élèves.

Explication du théorème qui prouve que si on a une table carrée dont les quatre pieds sont de la même taille, et si le sol a des creux et des bosses dont la hauteur change de façon continue, alors il est toujours possible de faire en sorte que les quatre pieds de la table touchent le sol. Pour cela, il suffit de faire pivoter la table autour de son centre. Il y aura toujours, après un quart de tour au maximum, un moment où les quatre pieds toucheront le sol.

Application : Il existe, TOUJOURS, sur Terre, deux points diamétralement opposés où la température et la pression sont exactement les mêmes.

Parenthèse : Si une personne fait un trajet entre 8h et 16h un jour et fait le trajet inverse entre 8h et 16h le lendemain, y a-t-il un endroit où cette personne est passée exactement à la même heure les deux jours ? (On ne sait rien sur la vitesse de cette personne aux différents endroit du trajet.)

Lundi 17/12. Psychologie. Deux biais cognitifs : l’effet de Halo et l’effet d’ancrage.

Encore un test distribué aux élèves. Voir lundi prochain.

Lundi d’avant, les élèves ont eu un test dans lequel ils étaient séparés en deux groupes.

Pour souligner l’effet de Halo : (vidéo)

Chaque groupe d’élèves avait plusieurs photos de personnes, elles-mêmes séparées en deux listes.

Les élèves de groupe A devaient noter l’attirance physique des personnes de la liste 1 et l’honnêteté des personnes de la liste 2.

Les élèves de groupe B devaient noter l’honnêteté des personnes de la liste 1 et l’attirance physique des personnes de la liste 2.

Je n’ai pas demandé aux élèves de donner deux notes par photo pour ne pas que la première note influence la deuxième. Le but est de voir si les notes de beautés et d’honnêteté données par les deux groupes sont corrélées pour chaque photo. J’ai choisi des personnes plus ou moins belles, souriantes ou non. J’ai donné à chaque groupe d’élève un mélange (homme, femme, beau, moche, souriant, ou non).

Pour souligner l’effet d’ancrage : (vidéo)

Sur le même test, j’ai posé les questions suivantes :

Groupe A

Au recto de la feuille :

1. D’après vous, une baleine bleue adulte mesure-t-elle plus ou moins de 49 m ?

2. D’après vous, y a-t-il plus ou moins de 5 pays africains dans le monde ?

Le but est de les ancrer sur une réponse plus ou moins plausible pour la baleine et beaucoup trop basse pour les pays africains.

Au verso de la feuille :

3. D’après vous, combien mesure une baleine bleue adulte ?

4. D’après vous, combien y a-t-il de pays africains dans le monde ?

Groupe B

Au recto de la feuille :

1. D’après vous, y a-t-il plus ou moins de 160 pays africains dans le monde ?

Pas d’ancrage sur la première question (la baleine) et un ancrage cette fois beaucoup trop haut pour les pays africains.

Au verso de la feuille :

2. D’après vous, combien mesure une baleine bleue adulte ?

3. D’après vous, combien y a-t-il de pays africains dans le monde ?

Retours sur les résultats des élèves. L’effet de Halo ne s’est pas du tout retrouvé sur leurs tests. Les causes ? Les élèves trop peu nombreux, les photos qui ne mettaient pas forcément en valeurs les personnes (contrairement aux photos sur un site de rencontre), le fait de savoir que les élèves participaient à un test, le fait d’être des enfants, et sûrement d’autres choses encore.

Idem pour l’effet d’ancrage avec la baleine bleue : les résultats des élèves se sont révélés contraires à ceux de l’étude.

L’effet d’ancrage sur les pays africains a très bien fonctionné. Ceux qui avaient l’ancre à 5 ont répondu 34 en moyenne et ceux qui avaient l’ancre à 160 ont répondu 74 !